Mercedes Classe G électrique : le tout-terrain passe aux watts

par
0 commentaire
L’icône absolue du tout-terrain change d’époque. La Mercedes Classe G, ce cube de carbone et d’acier qui a conquis les déserts, les montagnes et les rues les plus chic de la planète, franchit un cap historique avec sa version électrique. Le passage aux watts de cette légende automobile pose des questions fascinantes : peut-on conserver l’âme d’un tel modèle tout en abandonnant le V8 rugissant ? Voici l’analyse de cette mutation qui divise autant qu’elle passionne.

Un design qui respecte la lignée

La Classe G électrique, désignée G 580 avec EQ Technology, ne trahit pas son héritage visuel. Mercedes a fait le choix de la continuité stylistique, et c’est une sage décision. La silhouette cubique, les portes qui claquent avec ce son métallique si caractéristique, la poignée de porte extérieure chromée, le couvercle de coffre avec la roue de secours : tous les codes du G-Wagen perdurent.
Les seules concessions à l’électrification se lisent dans les détails. La calandre est légèrement modifiée pour l’aérodynamisme, les jantes sont optimisées pour la fluidité, et les passages de roue intègrent des éléments spécifiques. Mais dans l’ensemble, le G 580 électrique reste instantanément reconnaissable comme un Classe G. Pour une icône dont le design n’a quasiment pas changé en quarante-cinq ans, cette fidélité est un atout considérable.

La motorisation : quatre moteurs électriques pour la suprématie

Sous son capot carré, le G 580 électrique cache une architecture technique spectaculaire : quatre moteurs électriques, un par roue. Cette configuration, quasi unique sur le marché, offre des possibilités de contrôle de traction inégalées. Chaque roue peut être pilotée individuellement, avec des variations de couple millimétrées.
La puissance cumulée atteint 587 chevaux, avec un couple de 1 164 Nm disponible instantanément. Ces chiffres surpassent largement le G 500 thermique et égaleront presque la version AMG. L’accélération de 0 à 100 km/h en 4,7 secondes, pour un véhicule de près de 3 tonnes, témoigne de la violence des performances électriques.
 
Mais le véritable exploit réside dans les capacités tout-terrain. Le G-TURN, cette fonction qui permet de faire tourner le G sur place comme un tank en faisant tourner les roues gauches dans un sens et les droites dans l’autre, est la démonstration spectaculaire de ce que permettent les quatre moteurs indépendants. Le G-STEERING, qui réduit le rayon de braquage en virage, facilite la maniabilité en terrain étroit. Découvrez tout ce qu’il faut savoir en cliquant ici.

L’autonomie et la recharge : les défis du cube

L’aérodynamisme d’une brique n’est pas idéal pour l’efficacité électrique. La Classe G électrique doit composer avec sa silhouette peu favorable, son poids considérable et ses pneus tout-terrain. La batterie de 116 kWh promet une autonomie réelle autour de 450 kilomètres en usage mixte, ce qui reste honorable compte tenu des contraintes.
La recharge rapide atteint 200 kW en courant continu, permettant de récupérer de 10 à 80 % en une trentaine de minutes. Pour un véhicule destiné aux longs trajets et aux expéditions, cette capacité est essentielle. Mercedes a également pensé à la recharge en tout-terrain avec des systèmes de protection de la batterie et des prises étanches.
Le poids total, supérieur à 3 tonnes avec la batterie, pose la question de la consommation énergétique réelle. Sur autoroute à 130 km/h, l’autonomie chute significativement. Le G électrique reste davantage un tout-terrain de luxe urbain et de week-end qu’un véhicule d’expédition transcontinentale.

Le tout-terrain : l’âme préservée ?

La question qui taraude les puristes est simple : un Classe G sans le rugissement du V8 est-il encore un vrai G ? Mercedes a tenté de répondre par la technologie. Le G-ROAR, un son artificiel reproduit par les haut-parleurs extérieurs, imite le grondement du moteur thermique. Cette fonction, activable ou non, divise les passionnés.
Objectivement, les capacités tout-terrain sont conservées, voire améliorées. L’angle d’attaque de 32 degrés, l’angle de fuite de 35 degrés et la garde au sol de 25 centimètres demeurent inchangées. La profondeur de franchissement en eau atteint 85 centimètres. Les trois blocages de différentiels, pilier de la légende G depuis 1979, sont remplacés par le contrôle vectoriel du couple des quatre moteurs, qui s’avère encore plus efficace.
Le G électrique peut monter une pente de 100 % en marche avant, et même de 45 % en marche arrière. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : la capacité tout-terrain n’est pas un vain mot, elle est peut-être même dépassée.

Le positionnement : le luxe électrifié

Le G 580 avec EQ Technology s’inscrit dans la stratégie EQ de Mercedes, qui vise l’électrification de l’ensemble de la gamme. Mais le Classe G n’est pas une simple déclinaison électrique : c’est une réinterprétation qui conserve le prestige et l’exclusivité du modèle.
Le prix, supérieur à 150 000 euros, positionne le G électrique dans la stratosphère du marché. Il ne s’adresse pas au client sensible au coût du kilomètre, mais à celui qui possède déjà un ou plusieurs Classe G et souhaite ajouter la version électrique à sa collection. C’est un objet de statut autant qu’un véhicule.
L’intérieur, avec ses matériaux nobles, ses écrans OLED fusionnés et ses finitions impeccable, maintient le standard Mercedes dans le haut de gamme. Le MBUX nouvelle génération, avec ses fonctions tout-terrain spécifiques, intègre parfaitement l’électrique dans l’expérience de conduite.

Tu pourrais aussi aimer