Les voitures électriques ne sont pas une invention récente. Contrairement à l’idée reçue que l’électrique est une mode des années 2010 avec Tesla, elles ont marqué les débuts de l’automobile au XIXe siècle. Avant les moteurs à essence bruyants de Ford, les premières voitures électriques roulaient déjà en silence dans les rues d’Europe et d’Amérique. Plongeons dans cette histoire fascinante qui révèle comment l’électrique a failli dominer le monde automobile.
Les origines : l’électricité avant l’essence
Tout commence à la fin du XIXe siècle, époque des premières voitures électriques. En 1832, l’Écossais Robert Anderson invente le premier véhicule propulsé par électricité : une charrette rudimentaire alimentée par des piles non rechargeables. Mais c’est en 1884 que l’Allemand Gustav Trouvé marque un tournant avec son tricycle électrique, présenté à Paris. Ce petit engin, doté d’un moteur de 0,5 cheval-vapeur, atteint 14 km/h et parcourt 10 km.
En France, pays pionnier, les voitures électriques se multiplient. En 1887, Jules Gauthier et Amédée Bollée lancent la Panhard et Levassor électrique, capable de transporter quatre passagers à 20 km/h. Ces modèles séduisent par leur silence, leur absence de vibrations et leur facilité de conduite, sans embrayage ni vitesses complexes. À l’époque, les batteries au plomb-acide, inventées par Gaston Planté en 1859, offrent une autonomie modeste (50-80 km), mais suffisante pour les trajets urbains.
Les pionniers américains et européens

Aux États-Unis, les premières voitures électriques explosent en popularité vers 1900. La société Pope Manufacturing produit la Columbia Electric, un cabriolet élégant vendu à 1 000 dollars (environ 35 000 dollars actuels). En 1897, William Morrison dévoile une voiture électrique à 6 tonnes, atteignant 90 km/h – un record pour l’époque !
Côté Europe, l’Angleterre voit naître la Frayer en 1898, tandis qu’en Allemagne, Heinrich Ehrsam crée des modèles pratiques. Mais la star incontestée est la Baker Electric américaine (1899), prisée des femmes comme les actrices Mary Pickford ou la Première Dame Edith Roosevelt. Ces voitures électriques représentent 38% des véhicules aux USA en 1900, surpassant les steamers (40%) et devançant les essence (22%). Leur succès ? Une fiabilité exemplaire : pas de démarrages au manivelle dangereux, et un coût d’usage bas grâce à l’électricité bon marché. Cliquez ici pour obtenir plus de détails.
Les succès commerciaux et la vogue des années 1900
Vers 1910, les voitures électriques culminent. La Detroit Electric domine avec 13 000 unités produites entre 1907 et 1939, offrant jusqu’à 130 km d’autonomie grâce à des batteries Edison à base de nickel-fer (plus légères et durables). En Europe, la française Jeantzy de Marcel Jeantzy atteint 100 km/h en 1899, prouvant le potentiel sportif.
Les taxis électriques envahissent Paris et New York : la Société des Automobiles Électriques écoule 1 000 modèles en 1907. Leur atout majeur ? L’urbanité : idéales pour les embouteillages, sans pollution ni bruit. Thomas Edison lui-même prédit : « L’électrique régnera dans les 50 prochaines années. » En 1912, 50 000 voitures électriques sillonnent les routes mondiales.
Le déclin : pourquoi l’essence a gagné ?
Malgré ces succès, les premières voitures électriques disparaissent brutalement après 1914. La cause principale ? Le perfectionnement du moteur à combustion interne. En 1908, la Ford Model T coûte seulement 850 dollars, contre 2 000 pour une électrique. Son autonomie illimitée (plein d’essence en 1 minute) et les routes qui s’allongent favorisent l’essence.
L’électricité progresse peu : les batteries lourdes (500 kg pour 100 km) limitent les performances. La Première Guerre mondiale booste le pétrole, et en 1920, les électriques ne représentent plus que 1% du parc. Charles Kettering invente le démarreur électrique en 1912, rendant les essence accessibles à tous. Adieu les voitures électriques…
Héritage et retour en force
Les premières voitures électriques ont posé les bases : concept de propulsion propre, conduite simplifiée. Des prototypes comme la GM EV1 (1996) relancent l’idée, menant à la Tesla Model S aujourd’hui. Leur leçon ? L’électrique excelle en ville, avec des batteries lithium-ion offrant 500 km d’autonomie.
Aujourd’hui, en 2026, les voitures électriques reviennent triompherales, avec 20% des ventes mondiales. Elles rappellent que l’histoire automobile est cyclique : l’électrique, pionnier oublié, est de retour pour de bon.
