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UTOPIA REVES DE FEMMES
Du 08/09/2009 au 10/10/2009
Artistes :
PRÉSENTATION :
Au Nord d'Alice Springs, sur plus de 18.000 km2 s'étend Utopia. Quelques groupes ou familles de langue Alyawarr ou Anmatyerre la partagent vivant traditionnellement de chasse et de cueillette, au grès des saisons d'un bush distribuant parcimonieusement fruits, légumes, plantes. Kangourous, gibiers et goannas offrent leur chair succulente.
Au début du XIXème siècle, alors que la plupart des hommes furent éloignés et enrôlés par les pouvoirs blancs, les femmes continuèrent à entretenir la connaissance et le culte des lieux qui s'y rattachent. Lorsque dans les années soixante dix les hommes purent retrouver leur liberté, les femmes les y attendaient, désormais investies des pouvoirs de l'initiation aux terres dont nombre d'entre eux avaient perdu le sens. On aimerait à croire que de là vient le si beau nom d'Utopia, sonnant comme l'improbable résistance d'une tradition assurée par les femmes. Il est très probable que l'Awelye, rite spécifiquement féminin de la mémoire collective aida à préserver l'essentiel de la connaissance si précieuse à la survie. Au cours des nombreuses cérémonies qui sont reliées à ce culte, les femmes rassemblées en groupes spécifiques à leurs territoires claniques parent leur poitrine des signes ancestraux qui les distinguent. Puis elles chantent, dansent et peignent les histoires et contes cultuels que l'on appelle Rêves et qui habitent leur Territoire. Ces Rêves sont la continuité de leur pensée: ils sont le pays. Ainsi, en chantant, dansant et peignant, les femmes entretiennent le Pays de leur Rêve:Utopia. Soudées, elles se régénèrent ensemble au coeur du Grand Désert Rouge. En outre, cette coutume leur donnent une autorité tout à fait singulière et les encourage dans la perpétuation de leur rôle devenu majeur au sein de la société aborigène. Ainsi, l'Awelye est le tout, la loi organique.
Les oeuvres que nous présenterons chantent la beauté d'Utopia. Le « Pays de ma mère » éloquent, le « Bush Plum Dreaming » qui fait trait à la floraison merveilleuse saisonnière dont les femmes tirent médecines, nourritures, ornements ou encore les effets visuels du « Mountain Devil Lizard », signifient par la multitude des points et des traits le nombre, l'abondance, la fertilité, la prière de lendemains riches en descendance, l'idéal d'une terre où les lois d'équilibre sont perpétuées.
Les oeuvres que nous présentons chantent la beauté d'Utopia. Le « Pays de ma mère » éloquent, le « Bush Plum Dreaming » qui fait trait à la floraison merveilleuse saisonnière dont les femmes tirent médecines, nourritures, ornements ou encore les effets visuels du « Mountain Devil Lizard », signifient par la multitude des points et des traits le nombre, l'abondance, la fertilité, la prière de lendemains riches en descendance, l'idéal d'une terre où les lois d'équilibre sont perpétuées. Parmi les artistes qui sont représentées, remarquons l'audace picturale et le charisme chromatique comme un trait commun à ces femmes. Ainsi, elles attirèrent le respect des hommes encore orphelins de leur savoir et ouvrirent la voie dans leur singularité. Gloria Tamerre Petyarre a exposé au Musée de la Villette en 1997 avec Emily Kame Kngwarreye la grande créatrice. Minnie Pwerle telle une étoile filante laissa dans le ciel austral une nuée d'oeuvres explosives. Barbara Weir, sa fille volée dans les années soixante retrouva la source de son Pays, les soeurs Pwerle suivirent, etc...une véritable mine à ciel ouvert de talents et d'élégance.
Signalons que depuis les années quatre-vingt, ces femmes ont été exposées par les Musées nationaux ou les fondations au Japon, USA, Corée du Sud, France, Allemagne, Suisse ...et l'Australie entière.
Luc Berthier, Août 2009
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