Léon Tutundjian

Du 22/06/2009 au 11/07/2009

Artistes :
Léon Tutundjian
PRÉSENTATION :

Rappel historique sur  Léon Tutundjian et son œuvre 


 

 Hélion explique très simplement pourquoi l’œuvre de Tutundjian vit aujourd’hui :

l’exposition à la galerie Bonaparte, en 1930, « a fait une violente impression sur le petit monde de personnes que tourmentait un art nouveau. Ses œuvres ne ressemblaient à rien que l’on connut ici. Je pense témoigner de l’admiration que lui portaient alors des artistes devenus depuis très célèbres… »

Dans un courrier  qu’il envoie à Tutundjian, il écrit : « tu as impressionné et influencé plus d’un artiste, … comme Calder, qui t’admirait énormément. Arp lui-même, en parlant de cette sculpture que nous avons reproduit dans Art Concret, me disait alors que c’était la plus belle chose qu’il ait vue depuis longtemps… »


Fuyant à l’âge de 17 ans, l’Empire Ottoman et le génocide arménien, Tutundjian arrive  à Paris, dont il rêvait, vers 1923.

 

 

La rigueur de l’artiste, son exigence intérieure, n’auront pas facilité sa carrière.

« Tutundjian venait d’Orient. Il était impérieux et noble, comme on peut être noble au niveau de la misère… »

 

Avant l’âge de 25 ans, il réussit à attirer l’attention des critiques et à acquérir une certaine reconnaissance auprès des artistes plus âgés de l’avant–garde artistique comme Arp, Calder et Theo van Doesburg. 

 

Il participe à l’exposition ESAC au Stedelijk Museum, dont il fait la couverture du catalogue, avec Mondrian, Van Doesburg, Picasso, Kupka, Arp, Miro…, exposition qui annonce  la création de Cercle et Carré, puis d’Art Concret, et enfin d’Abstraction Création.

A Stockholm, en 1930, dans l’exposition Art post Cubiste, il montre ses « reliefs ».

Malgré leurs dimensions modestes, leur monumentalité s’impose aisément au regard, et ils deviennent le symbole du mouvement.

 

« L’importance des reliefs ne tient pas simplement au fait qu’ils préfigurent le radicalisme de l’art concret, leur valeur esthétique s’affirme en tant que résolution très maîtrisée d’une aspiration ambivalente à la rigueur et à la sensibilité. »  écrit Gladys Fabre.

 

 

A partir des années 1930, il choisit la rupture,  pour se consacrer à un mode d’expression apparenté au surréalisme ; à ce titre il participe en 11932 à une exposition Tendances passées chez Pierre Colle, pour revenir, à la fin de sa vie, à l’abstraction géométrique.

 

Mais, de son vivant, la « modernité » de son œuvre  trouvera  peu d’échos au niveau des marchands…

 

Léonce Rosenberg en 1933 lui vend quelques pièces, Colette Allendy en 1958, qui présentera son abstraction des années 20, obtient un grand succès d’estime…de même pour  Yvon Lambert qui le présenta en trois occasions.

 

L’intérêt des musées et des marchands pour les années 20-30 fut relancé, grâce, entre autres, à l’historienne d’art, Herta Wescher, qui organisa, en 1964, une  exposition sur cette période au Musée de Saint Etienne, et  qui publia, en 1968, son ouvrage  Collage  avec quelques pages sur Tutundjian.

 

Tutundjian figura ainsi régulièrement dans des expositions d’art non-objectif en Europe : Carl Laszlo à Bâle, Annely Juda à Londres, Gmurzinska à Cologne, Lorenzelli à Milan, etc...

 

 Quelques musées ou institutions manifestèrent de l’intérêt pour le travail de l’artiste en faisant quelques acquisitions : Musée de Lille, FNAC, Centre Pompidou, Musée de Grenoble, sous l’impulsion de Serge Lemoine, par une remarquable acquisition d’un « relief » de 1928,  Musée d’art Moderne de la Ville de Paris, puis plus récemment la Fondation Julio Gonzalés à Valence, sous la houlette de Vicente Todoli, et, enfin,  Musée Berardo à Lisbonne .

 

Dès 1978, l’historienne d’art, Gladys Fabre joue un rôle déterminant dans la reconnaissance artistique  de l’œuvre de Tutundjian :

 

                -  sélection et présentation d’œuvres de Tutundjian dans diverses manifestations artistiques internationales :

Abstraction Création-  Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1978, Ivam en 1994,  Les années Trente en Europe au Musée d’art moderne de la ville de   Paris 1997, Paris capitale des Arts, Royal Academy London puis Gugenheim Bilbao en 2002,  Théo Van Doesburg and the international avant-garde, Stedelijk Museum , 2009, Tate Modern, Londres 2010, …

 

-      parution, en 1995, de la première et unique biographie

publiée  aux Editions du Regard, livre de référence sur l’ensemble de la création de Tutundjian.

 

 

A  la mort de Tutundjian, en 1968,  son œuvre  fut vendue au cours de plusieurs ventes publiques organisées par Maître Robert ; beaucoup furent  acquises, d’une façon très dispersée,  par de nombreux marchands, sans qu’aucun n’en fasse une réelle spécialité, à l’exception de  la Galerie Basmadjian, aujourd’hui malheureusement disparue.

 

En 1994, Catherine Thieck - Galerie de France - présentait un exceptionnel « one man show » de Tutundjian, à la Fiac ; tant par la qualité de la couverture presse que par l’intérêt des collectionneurs, cette exposition fut une grande réussite.


 

Depuis, la Galerie Le Minotaure, avec l’aide d’Alain Le Gaillard a pris le relais, en publiant des catalogues et en organisant des expositions en France et à l’étranger, et notamment à Moscou à la Galerie Proun.

Intéressé par  la spécificité de l’œuvre de Tutundjian dans l’histoire de l’art, loin des modes ambiantes, et surtout, en faisant confiance à leur œil, le cercle des collectionneurs s’élargit ainsi régulièrement.